La nouvelle armée belge

Aux origines des Forces belges en Allemagne (FBA)

Quelques jours après la capitulation de la Belgique par Léopold III le 28 mai 1940, le gouvernement belge en exil en France décide de continuer la lutte contre les Allemands. Outre le Royaume-Uni auquel il s'associe, le  Premier Ministre Hubert Pierlot a deux appuis : la résistance intérieure et les volontaires de l’armée belge. En effet, après la capitulation, plusieurs milliers de soldats suivent le gouvernement en Angleterre. Ils sont intégrés à des batallions anglais. Certains rejoignent la Royal Air Force. Un corps belges est créé en 1942 et les soldats sont envoyés au Canada pour s'entrainer. Le corps est opérationnel en 1943. 2000 soldats, dont la célèbre brigade Piron, sont intégrés au 21e Groupe d’Armée du général Montgomery. À partir de l'été 1944, cette troupe prend part à la campagne d’Europe, du débarquement à la libération du Royaume.

À la fin de l'année 1944, des milliers de jeunes Belges s’engagent à leur tour dans l'armée en vue de l’invasion prochaine de l’Allemagne. La Brigade Piron attire l'essentiel des recrues.

Cet engouement donne du crédit auprès des Anglais pour la reconstitution de l'armée, mais également pour la participation au partage de l'Allemagne. L'armée belge se compose de jeunes recrues qui ont fui la Belgique pour rejoindre l'Angleterre tout au long de la guerre. Ces jeunes sont marqués par les combats de la Libération. La résistance armée se porte également volontaire pour le combat contre les Allemands. Toutefois, le War Office se méfie de ces mouvements, car ils représentent la résistance « civile, qui ne garantirait pas l’ordre ». Les résistants sont désarmés. Ils peuvent rejoindre officiellement l’armée belge s’ils le souhaitent. Nombre d’entre eux sont envoyés en Irlande suivre une formation.

Grâce à l’accord Demets-Erskine, 26.000 soldats belges sont entrainés et dotés en matériel par les Anglais. Ils reçoivent essentiellement des armes et des munitions. Au début , un soldat belge sur trois possédait un fusil. La précarité des troupes belges contraint les Anglais à les soutenir. En mai 1945, 75.000 hommes sont disponibles pour l’occupation de l’Allemagne. Après l’armistice du 8 mai, les troupes y restent stationnées. En septembre, 117.000 hommes sont répartis en 3 divisions.  Dans un premier temps, les unités belges s’occupent du maintien de la paix derrière le front. À l’été 1945, presque toutes les forces belges disponibles se trouvent en Allemagne.