Conséquences économiques de l'occupation

Faire vivre et travailler des milliers de soldats et leurs familles dans la dixième province de Belgique demande une solide organisation. Dès 1946, de nouvelles instances sont créées à destination de cette population. Tout d’abord, les trajets entre l’Allemagne et la Belgique se font essentiellement grâce au train au travers de lignes spéciales déployées dès août 1946. Les militaires de carrière et leurs familles disposent également d’une voiture et reçoivent une plaque d’immatriculation spéciale, la plaque BZ, à laquelle sont liés certains avantages. 

Les FBA sont épaulées par le German Service Organisation : cette organisation connaît une structure militaire et se charge principalement de missions de transport et de courrier. Dans les premiers mois d’occupation, la cigarette fait figure de moyen de paiement par excellence, monnaie d’échange courante au sein de l’armée. Afin de contrer cette habitude et pour limiter un marché noir florissant, l’armée émet une monnaie d’occupation belge dès septembre 1946. Cette monnaie reste le seul moyen de paiement dans le secteur belge jusqu’en 1959 ! La poste militaire distribue le courrier entre les garnisons en Allemagne et la Belgique. Les miliciens peuvent envoyer leur courrier non affranchi et les militaires de carrière ne paient pas de frais de port en Allemagne. 

Le maintien de l’ordre est assuré par la Prévôté, épaulant la police militaire : elle prend le rôle de la gendarmerie belge et se charge des missions de police, des prisons militaires, du contrôle des véhicules BZ et du contrôle des tickets de carburant. La Prévôté est compétente pour tous les Belges des FBA ; elle travaille en étroite collaboration avec l’auditeur militaire.

Dès 1946, les autorités militaires belges prévoient une longue présence en Allemagne. Cela posera plus d’une fois des problèmes d’infrastructure. La demande de casernes et de logements dans une Allemagne dévastée est énorme. Les troupes belges d’occupation  sont hébergées dans d’anciens quartiers et casernes allemandes. Ces quartiers reçoivent un nom lié à l’histoire de l’unité qui s’y trouve : Haelen, Steenstraete, Normandie, Passchendaele, Dixmude, Tabora, Loncin, Gette, La Lys, etc. Les militaires de carrière amènent avec eux leur famille. Le Service d’Installation des Familles est créé au début de l’occupation, avec l’approbation des Britanniques et au prix de grandes frustrations chez les Allemands. Des bâtiments ou appartements meublés sont réquisitionnés et des familles allemandes sont expulsées. Plus tard, des quartiers spéciaux à l’intention des Belges sont construits. Ainsi apparaissent de grandes enclaves belges en Allemagne. Les enfants apprennent tout d’abord dans des écoles improvisées, établies dans des anciens dancings ou dans des villas. Le génie belge convertit ces espaces en bâtiments scolaires et un corps professoral est mis sur pied. En l’espace de 18 mois, le service ouvre 22 écoles, comptant quelque 1.200 élèves répartis en 72 classes.

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